vendredi 14 décembre 2018 ,
En direct :
Twitter, le terrain de jeu des Community Manager>>Jeune autoentrepreneur : les 5 erreurs à éviter>>« On est prêt » : Quand les influenceurs s’engagent pour la planète>>
Carte blancheOn ne construit pas un pays libre avec des murs blancs
<
>

On ne construit pas un pays libre avec des murs blancs

Le graffiti est un moyen d’expression, le plus souvent illégal, qui apparait dans l’espace urbain. Oeuvre d’art, message revendicatif, vandalisme, de nombreuses idées surgissent quand on parle de street art mais qu'en est-il vraiment ? Kken92, artiste lyonnaise, a accepté de répondre à quelques questions pour nous éclairer.

Le graffiti, tel qu’on le connait aujourd’hui, fait son apparition dans le métro new-yorkais, dans les années 1970. Les tags (signatures) font le tour de la ville et c’est à celui qui couvre le plus grand territoire. Comme un cri jeté pour affirmer son existence, les graffeurs s’expriment dans une société qui ne les entend pas. Des identités typographiques se créent, on commence à reconnaître certains styles. Des amateurs vont même jusqu’à qualifier le graffiti d’Art Brut, quand d’autres ne voient que de la dégradation d’espaces publics.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons nier que les murs sont supports de communication urbaine. À Lyon, par exemple, les pentes de la Croix Rousse ou le 7ème arrondissement, sont des quartiers très plébiscités par les citoyens qui s’expriment avec humour ou engagement. À l’occasion de cet article, j’ai interrogé l’une d’entre eux, kken92 (https://www.instagram.com/kken92/),

 

Qu’est-ce qui te donne envie de t’exprimer sur les murs ?

Les murs incarnent les galeries de ceux qui sont pauvres, ils appartiennent a tout le monde, et sont côtoyés chaque jour par des personnes de tous horizon. Ce qui me donne envie de m'y exprimer, est qu’un cri l'est seulement quand il intervient dans la masse, il n’a pas pour but de rester dans une petite boite fermée à clef dans une chambre. A défaut de crier dans la foule, je crie sur les murs.

Est-ce qu’il y a un message que tu souhaites transmettre ? Dans quel but ?

Le message est inconscient. Les murs et la nuit, pour leur caractère illégal et leur dangerosité, appartiennent malheureusement encore trop aux garçons. J’essaye juste de récupérer ce qui nous appartient aussi, et montrer ainsi que rien n’est déterminé par le genre.

  

Est-ce que c’est un moyen pour toi d’ouvrir les yeux à ceux qui les gardent trop fermés ?

Oui et non, si mes collages sont vus tant mieux, mais c'est plus la démarche, en tant que fille, d'arpenter la nuit, qui m'intéresse dans l’exercice.

Suite à des conversations moins formelles avec d’autres personnes s’exprimant sur les murs, il semblerait que la communication urbaine soit une expression humaine nécessaire à la bonne vie en société. Symbole de liberté et de créativité, le graffiti a encore de beaux jours devant lui !

Pour aller un peu plus loin sur le sujet, je vous invite à lire cette formidable interview de rue89 (https://www.rue89lyon.fr/2013/09/15/graffiti-tag-lyon-traces-sales-gones/) qui donne la parole à quelques graffeurs lyonnais sur ce que représente l’acte de graffer pour eux.

 

Margault Clementelli, étudiante SUP’DE COM en Bac+4 Manager de la Communication Stratégique et Digitale

Par SUP'DE COM
le 14/06/2018

Nombre de commentaires0

A+A-

Vos commentaires (0)

Ajouter un commentaire